BLOG DU CAMP D'ÉTÉ « POURSUIVRE LA PAIX »
À RAMALLAH ET JÉRUSALEM, JUILLET 2012


Notre projet est né à grâce aux liens entre les communautés catholiques françaises et la Terre Sainte, en particulier avec les écoles chrétiennes au sein du « Réseau Barnabé », pour :
– Animer un Camp d'été en français dans une école chrétienne de Ramallah ;
– Découvrir Jérusalem et le monde juif, à travers la rencontre avec des Israéliens.



Samedi 28 juillet : Derniers regards sur Jérusalem

publié le 2 août 2012 à 01:08 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·20 août 2012 à 01:12 par JF CANTENEUR ]

Dernier jour à Jérusalem. Nous échangeons pour commencer ce que chaque groupe a vécu dans les familles la veille. Les six familles juives françaises étaient différentes. Certains nous ont emmenés à un office de caractère sponsal pour l’entrée en shabbat. Toutes ont ouvert leur table pour le repas, préparé avec soin, inaugurant ce jour chéri entre tous pour chaque juif depuis les millénaires. Les échanges ont été très divers, les questions fusant de part et d’autres informations sur notre séjour à Ramallah, la vie en France, explications sur les rites dévolus au père de famille.

Dans la journée, chacun a terminé son séjour selon son désir : musée d’Israël, tour des murailles, prière chez les petites s­œurs de Jésus, derniers achats… En fin de journée, nous avons rencontré Monseigneur Shomali, évêque auxiliaire, au Patriarcat latin. Cela nous a permis de mieux comprendre encore la présence chrétienne en Terre Sainte et plus largement au Moyen Orient. Le soir, temps de prière avec chants et méditation sur un passage du cardinal Martini, « intercéder, c’est… », puis, surprise, dîner sur la terrasse de Notre-Dame de Jérusalem : vue superbe, mets délicieux et cadeaux + chant plein d’humour pour les deux chefs de groupe. Avant de se coucher, impossible de ne pas passer au Kotel où débute la commémoration des deux destructions du Temple, Tisha Be Av, pleurs sur Jérusalem... Demain, ça sera le départ, après la messe dominicale à l'abbaye Sainte-Marie de la Résurrection à Abu Gosh. (Béatrice)

Vendredi 27 juillet : Suivre Jésus

publié le 2 août 2012 à 01:08 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·4 août 2012 à 00:00 par JF CANTENEUR ]

Nous nous levons encore une fois tôt ce matin, pour voir le soleil se lever au-dessus du Mont des Oliviers avant de le gravir. Cette montagne à l'Est de Jérusalem nous dit notre espérance. Déjà le prophète Zacharie annonçait-il la venue du messie comme un soleil levant à l'Est, sur le Mont des Oliviers. Les cimetières sont nombreux sur le Mont, attendant cette venue. Jésus y enseigne et y pleure sur la ville. Selon la tradition juive depuis la destruction du Premier Temple (qui sera commémorée demain), celui qui ne sème pas dans les larmes ne récoltera pas dans la joie ; c’est en assumant la souffrance et en ne la rejetant pas que l’on prépare la joie. Ici, Jésus assume la Passion en préfigurant déjà la joie de la Résurrection. C'est avec cette joie au coeur que nous parcourons le Mont des Oliviers en méditant la Passion : comment ne pas être joyeux et serein devant ce spectacle magnifique du soleil levant qui réveille la vielle ville ? Dans l'après-midi, soeur Anne nous ouvre au sens du shabbat qui va commencer, ce jour où l'on s'abstient d'intervenir sur la Création pour célébrer son achèvement et sa perfection. Nous serons reçus ce soir dans des familles juives francophones qui nous ouvrent leur porte pour le repas d'entrée en shabbat. C'est un moment fort de notre voyage, une sorte d'achèvement. Nous y découvrons les rites domestiques, la vie de ces familles, leurs amis, leurs joies et leurs espoirs. Nous sommes si bien reçus et ce repas est si particulier que nous nous sentons comme des amis de la famille. Nous avons en tête les familles arabes qui nous ont reçus dimanche à Ramallah. Ces deux mondes ne se parlent pas et ne peuvent physiquement plus se rejoindre. Alors nous nous tenons au milieu, assumant d'être tiraillés entre deux amitiés, deux fidélités, ne voulant rien rejeter et nous préparant à la joie de la réconciliation de Jérusalem, demeure de Dieu parmi les hommes. (Jean-François)

À Jérusalem ! (Animation)

publié le 1 août 2012 à 02:16 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·4 août 2012 à 00:02 par JF CANTENEUR ]

Pendant le camp d'été, les 12-13 ans se sont lancés dans la réalisation d'une petite animation. Ils ont choisi de raconter une histoire à propos de Jérusalem, ville à 19 km de Ramallah mais qui ne leur est que rarement accessible.

Comme dans un atelier d'écriture, ils ont commencé par faire une liste de vocabulaire sur ce que leur inspirait Jérusalem : églises, mosquées, marchés... le célèbre zoo et surtout le check-point ! En rédigeant des phrases en français à partir de ces mots, ils ont construit une petite histoire. Elle dit leur frustration de ne pas pouvoir se rendre librement à Jérusalem et, de façon très poétique, comment la Création se retourne contre cette situation. 

Après deux jours de travail d'écriture, l'animation a été mise en image à partir de leurs dessins et avec l'aide de l'association Save the Children. Les élèves ont ensuite ajouté les voix en français. Le résultat fût finalement projeté le 19 juillet 2012 lors de la représentation de fin de camp avec tous les enfants et devant les parents : un très grand succès ! 

 

    

Jeudi 26 juillet : Si tu savais le don du Fils de Dieu...

publié le 27 juil. 2012 à 07:32 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·3 août 2012 à 23:59 par JF CANTENEUR ]

Ce matin, direction Bethléem. Après l’abaissement du Golgotha, nous poursuivons notre chemin par l’abaissement de l’Incarnation : « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous ». Par le car régulier pour Bethléem depuis la porte de Damas, nous passons le mur de sécurité pour nous retrouver dans un monde semblable en bien des points à celui de Ramallah : même ambiance, même taxis jaune et noir, même présence discrète mais bien réelle du christianisme (petites croix gravées sur les linteaux de vieilles maisons…). Nous entrons dans la basilique de la Nativité, passage de l’humilité par une bien petite porte qui s’est réduite au cours de l’histoire. Un chevalier en arme ne risque plus de pouvoir y pénétrer ! Nous avons-nous aussi à laisser « nos armes » à l’extérieur pour entrer dans le mystère : mystère que le Seigneur nous signifie d’une merveilleuse manière à l’intérieur de cette basilique du VIe siècle par un rayon de soleil tombant à l’oblique dans le chœur sur l’ambon des lectures : Parole de Dieu faite chair. Nous descendons dans la « grotte » sous le chœur, lieu de la naissance, pour un bref moment de visite et de vénération entre les messes matinales. Nous passons ensuite dans le dédale des grottes voisines. Saint Jérôme y vécu pour entrer plus profondément dans la réalité de l’Incarnation et ainsi traduire la Bible du grec au latin. Ressortant de la basilique, nous prenons un vrai temps de prière commune à la « Grotte du lait » puis faisons quelques emplettes pour fournir les crèches des prochains Noëls et prenons le temps de nous restaurer. Le soir, après le dîner, sur le dallage du « lithostrotos » au couvent de l’Ecce Homo, nous nous rassemblons pour un temps de prière afin d’introduire le chemin de Croix que nous effectuerons à l’aube le lendemain : méditation du Lavement des pieds et partage d’intentions de prière. « Si tu savais le don du Fils de Dieu, tu le prierais de te donner à boire ! » (Alexandra)

Mercredi 25 juillet : Que je mette l’amour !

publié le 26 juil. 2012 à 08:33 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·3 août 2012 à 23:57 par JF CANTENEUR ]

Ce matin, certains parmi nous sont partis très tôt pour prier au Saint-Sépulcre avant l’arrivée des foules de pèlerins. Pourtant, déjà à 6h30 l’église était bien remplie dans certains endroits. Mais en descendant dans la crypte de sainte Hélène, nous avons trouvé un endroit désert et calme pour prier ensemble. Après la prière commune, je suis montée prier au pied de la croix. Je me suis agenouillée dans un coin. Autour de moi les messes se succédaient, les pèlerins passaient, s’arrêtaient, repartaient, se mettaient à prier. J’aurais du mal à croire qu’on puisse prier dans un endroit aussi agité. Cependant, ici tout est possible. Paradoxalement, je me sentais étrangement bien parmi tant de personnes venues, comme moi, de loin pour prier. Je me sentais proche d’eux. Nous avons retrouvé le reste du groupe au petit déjeuner à l’hôtel. Ensuite, nous sommes tous repartis visiter l’Esplanade de la Mosquée. Je trouvais que par rapport à l’année dernière les gardiens du lieu étaient beaucoup plus sévères quant à nos tenues. C’était probablement dû au ramadan.

Nous avions ensuite rendez-vous avec l’évêque grec-catholique melkite Joseph-Jules qui nous a accueillis à bras ouverts. Tout de suite, il nous a mis à l’aise en nous racontant de petites anecdotes de son enfance. Il nous a présenté aussi l’histoire de l’Église melkite. Nous avons visité avec lui la l’église où nous étions autorisés à entrer derrière l’iconostase. La rencontre s’est terminée par un joyeux déjeuner. L’après-midi, une autre rencontre, bien différente, nous attendait. Un ami de Rémi, Amir, est venu nous parler. Il s’est présenté : il vit à Tel Aviv, il est athée, il n’a pas fait son service militaire… Il avait refusé de le faire et ne le regrette pas. Il a mentionné ses amis traumatisés par leur expérience liée à cette période de leur vie. Amir nous a posé des questions sur Ramallah car il n’y est jamais allé. Étant citoyen israélien il n’en a pas le droit. D’ailleurs, il a avoué qu’une fois il était allé à Bethléem et ne s’était pas senti à l’aise. Il a gardé la conscience d’appartenir aux pays occupant ces territoires. Le discours d’Amir était pessimiste. D’après lui, la situation politique ne s’améliore pas depuis des années, en plus des difficultés économiques qui s’y sont ajoutées.

Après le diner, Anne-Marie, qui part demain pour pouvoir assister au mariage de ses amis, nous a invités à un petit pot d’adieu. Elle a offert à chacun un marque-page avec le mot « paix » en différentes langues. Elle a mis un petit mot sur chaque pièce. On a tiré au sort nos marque-pages et j’ai du mal à parler du hasard ! Ce que nous avons choisi était assez bien approprié à chacun. J’ai eu la citation de saint François d’Assise : « Là où est la haine, que je mette l’amour, là où est la discorde, que je mette l’union… ». Anne-Marie ! Tu nous manques déjà ! A très bientôt ! (Ewelina)

Mardi 24 juillet : Cultiver le dialogue

publié le 26 juil. 2012 à 08:32 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·3 août 2012 à 23:56 par JF CANTENEUR ]

De belles rencontres… voilà comment résumer cette journée en trois mots. Nous avons commencé le matin avec une immersion dans le monde juif grâce à Enoch, jeune israélien de 31 ans très impliqué dans les relations entre juifs et chrétiens et habité par la volonté de créer un pont entre les deux communautés. Nous avons pu appréhender au fil de notre échange la société israélienne, ses complexités, ses défis. Nous retiendrons de son intervention son optimisme sur le conflit israélo-palestinien. Comme il l’a très justement relevé « les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. » L’un des plus gros défis de la société israélienne est de rassembler et de créer un dialogue entre les différents groupes qui la composent. Nous partageons l’espoir et l’optimisme de notre interlocuteur bien que la route à parcourir reste longue. Ensuite, nous nous sommes rendus dans le quartier juif de Jérusalem qui contraste avec le quartier musulman. Les rues y sont plus espacées et plus lumineuses puisqu’en effet ce quartier est composé d’habitations datant des années 70. Le calme ambiant s’oppose à l’agitation du souk des autres quartiers. La seconde rencontre marquante de la journée fut celle du père jésuite David Neuhaus… Quel personnage ! Quel parcours ! Nous avons bu les paroles de ce prêtre polyglotte né juif en Afrique du Sud et baptisé seulement à l’âge de 26 ans. L’originalité de sa vie reflète l’originalité de la communauté religieuse dont il a la charge. En effet, celle-ci est de rite latin mais en langue hébraïque. Son rôle est central pour les enfants d’immigrés catholiques installés en Israël (Philippins, Russes, Indiens, Erythréens…) et qui sont nés en Terre Sainte. Il croit fermement que les chrétiens ont un rôle à jouer entre les Israéliens et Palestiniens, notamment à travers l’apprentissage du pardon. Bien sûr que nos amis connaissent la justice et la paix mais il semblerait qu’ils ignorent le pardon tel que Jésus nous l’a enseigné en donnant sa vie jusqu’au bout.  Notre rôle est d’aimer comme le Christ. Nous devons faire preuve de compassion, nous pouvons prendre parti mais le faire en tant qu’artisan de paix, en ne blessant personne, avec d'infinies précautions dans notre discours. L’État d’Israël a le droit d’exister mais il doit aussi reconnaître la grande souffrance des Palestiniens... Comme nous l’avait dit le père Olivier à Abu Gosh : « Refuser de mettre de l’huile sur le feu, mais en mettre dans les rouages. » (Virginie et Stéphane)

Lundi 23 juillet : Dieu dans le murmure d'une brise légère

publié le 26 juil. 2012 à 08:31 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·3 août 2012 à 23:55 par JF CANTENEUR ]

Aujourd'hui, nous sommes à Yad Vashem, mémorial de la Shoah. Seigneur, j'ai mal au coeur ! Je me pose des questions sur l'homme, sur les gens autour de moi et sur moi-même. Comment l'homme peut-il en arriver à de telles atrocités ? Comment être membre de cette humanité ? Pourquoi parler de la Shoah aujourd'hui m'a plus touché que les autres jours ? Ces images de familles brisées, de personnes extrêmement amaigries, de morts, toute cette détresse... je les avais déjà vues. Ces vêtements d'enfants, ces chaussures ayant appartenu à tous ces gens morts par la folie humaine, je les connaissais. Mais après douze jours passés en Terre Sainte, de nombreuses rencontres, les descendants de survivants de la Shoah que je croise tous les jours, je peux aujourd'hui associer des visages qui me sont proches à ces fameuses chaussures. Shlomo, notre guide, lui-même descendant de survivants, nous présente ces marques de son histoire avec tellement de dignité et de force ! Je sens que c'est un homme heureux car, comme il le dit lui-même : « La plus grande vengeance sur la mort, c'est de donner la vie ! ». Seigneur Jésus, toi qui a souffert par la faute des hommes et qui a su pardonner, guide moi à ta suite car Toi seul est la vie ! (Maeva)

Laissez-moi vous parler des petits moments, des petites phrases que je garderai en mémoire. L'extérieur du mémorial m'a fait réaliser la capacité qu'ont les Juifs à se remettre en question pour toujours avancer. Les monuments de l'Allée des Justes jusqu'à la Vallée des Communautés ont été longuement pensés, repensés, avant de voir le jour. Quant à l'intérieur du Musée historique, c'est un long tunnel sombre où chaque tournant est un nouvel évènement, une nouvelle étape historique à partir de 1933. Shlomo, notre guide, nous parle d'ailleurs de « stations » qui évoquent un Chemin de Croix à la chrétienne que je suis. Heureusement, ce parcours dans l'obscurité aboutit à la lumière, mais je retiendrai surtout le vent frais que j'ai senti en franchissant la sortie et qui m'a rappelé la rencontre d'Élie avec Dieu, non pas dans le tremblement de terre ni dans l'ouragan mais dans le murmure d'une brise légère. Oui, même si cela paraît impossible, incroyable, Dieu est là, toujours à nos côtés, même dans les pires horreurs qu'à pu connaître l'humanité. (Anne)

Dimanche 22 juillet : S'abaisser au désert

publié le 25 juil. 2012 à 12:29 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·3 août 2012 à 23:54 par JF CANTENEUR ]

On peut voir le désert comme une invitation à se surpasser. Aller de record de chaleur en record de hauteur... Mais le désert invite avant tout à s'abaisser. S'abaisser devant les éléments naturels qui nous forcent à reconnaître notre propre faiblesse. S'abaisser devant l'oeuvre du Créateur qui a su mettre des ruissellements de vie même au coeur de l'aridité la plus dure. S'abaisser devant ces ermites retirés au désert dans le dénuement le plus absolu, au fonds de grottes qui nous paraissent inaccessibles tant physiquement que spirituellement... S'abaisser... c'est le chemin que nous avons suivi depuis Jérusalem, la cité resplendissante, et Jéricho, l'oasis au fond du monde, isolée dans un enfer de roches et de soleil. S'abaisser... jusqu'à toucher le point le plus bas du monde, au seuil de la mort, là où le Christ se fit baptiser en traversant les eaux du Jourdain, aujourd'hui frontière entre Israël et la Jordanie. La descente vers le Jourdain à travers le désert est une école d'humilité. Le "retour à la vie", entre la baignade dans la Mer Morte et la remontée vers Jérusalem, n'en a été que plus apprécié... (Nicolas)

Samedi 21 juillet : Écoute la voix du Seigneur...

publié le 25 juil. 2012 à 12:15 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·3 août 2012 à 23:52 par JF CANTENEUR ]

Alors que nous le reprenons en coeur, ce chant se fait l'écho d'une journée d'exploration culturelle et de visites spirituelles au cours desquelles la voix du Seigneur prend une belle pluralité de visages. La voix de Jérusalem d'abord : la cité entre ciel et terre, que nous découvrons le matin même à travers ses rues étroites, ses maisons de pierre et ses couleurs variées. Les regards que nous croisons, qui nous évitent ou nous ignorent, laissent entre apercevoir un mélange complexe : militaires, touristes, religieux, commerçants ou simples badauds semblent évoluer dans une vie commune aussi étonnante que bouillonnante. Outre cette diversité de population, les strates historiques visibles à travers la pierre aiguisent notre curiosité que la visite du musée de la Tour de David nous permet d'apaiser. Des premiers hommes à l'empire britannique, Jérusalem semble avoir connu plusieurs vies. Les grands hommes passent, trépassent, et Jérusalem demeure comme une paix précaire sur la houle de l'histoire. Cette paix, des voix chrétiennes la portent dans une diversité des plus impressionnante : arméniens, grecs, latins, coptes, éthiopiens se pressent autour de l'immense Saint-Sépulcre que nous découvrons en deuxième partie de journée. Fondée sur le rocher de la Croix appelé Golgotha, enraciné dans le tombeau du Christ ressuscité, l'Église une s'exprime ici dans sa plus belle pluralité. Au Saint-Sépulcre, la voix du Seigneur se fait symphonie. Chants, prières, processions rythment l'encrage de la foi des pèlerins, hommes et femmes venus du monde entier pour présenter devant Dieu leurs blessures et leurs espérance. Et que dire des nôtres sinon que nos voix tentent de s'accorder dans la prière. Au milieu du séjour, Jérusalem relance cette prière sur la voie du Seigneur. (Rémi)

Samedi soir je me suis rendu au Kotel (Mur occidental de l'esplanade du Temple) avec ses belles pierres blanches éclairées et ses silhouettes priantes. J'ai été frappé pendant que je priais par la voix du muezzin qui scandait la prière. J'ai intérieurement pensé à ce petit miracle qu'est Jérusalem : des juifs, des musulmans et des chrétiens qui prient à quelques mètres les uns des autres. Me restera cette belle image d'enfant arabe tapant dans la balle de foot avec un soldat israélien... (Stéphane) 

Vendredi 20 juillet : La journée des contrastes

publié le 23 juil. 2012 à 13:43 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·3 août 2012 à 23:51 par JF CANTENEUR ]

Vendredi matin avait lieu le dernier temps avec les enfants de l’école… matinée à la fois remplie de joie des relations tissées au fil des jours, des progrès faits par chacun, des jeux organisés ensemble mais aussi un moment où la tristesse de la séparation se peignait sur les visages… A l’année prochaine, inch Allah !

Vendredi après-midi, départ vers Jérusalem en passant par Abu Gosh, monastère bénédictin. La difficulté vécue pour le passage du check point, en particulier en ce premier jour de Ramadan, nous a fait toucher du doigt la dure réalité que vivent jour après jour les Palestiniens, à savoir cette non liberté de mouvement, ce sentiment d’enfermement. Ce qui m’a marquée dans cette aventure, pour certains vécue avec appréhension, est l’importance de notre rôle, notre position de chrétien : comme une passerelle, un pont entre les juifs et les musulmans. Autres paroles touchantes : l’exclamation du chauffeur après avoir enfin réussi à passer le check point : « J’ai prié Jésus et il m’a exaucé ! » Après l’agitation au niveau du passage du mur, la paix d’Abu Gosh nous a apporté beaucoup de réconfort : Frère Olivier nous a partagé quelques expériences de rencontres en vérité avec des juifs, des musulmans. A plusieurs reprises, il nous a dit que personne n’a le droit de perdre espérance, même quand la situation politique semble totalement bloquée. Tout le monde a un cœur et la religion doit aider à ouvrir ces cœurs et non à les enfermer dans des certitudes. Il nous a conseillé, à notre retour, de ne pas verser d’huile sur le feu qui brûle déjà, par des témoignages à charge, mais plutôt de verser de l’huile dans les rouages en multipliant, les ponts, les rencontres, en vérité. Dernier contraste vécu en cette journée riche en émotions : ces vagues de musulmans se rendant à la prière sur l’Esplanade des mosquées, montant vers Jérusalem, qui sont source de tension pour les juifs, et pour moi, chrétienne, signe que Dieu habite le cœur de chaque homme, peu importe la religion. (Anne-Marie)

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