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La nuit, on ne distingue pas le mur

publié le 21 juil. 2014 à 12:25 par Réseau Barnabé   [ mis à jour : 2 août 2014 à 02:59 ]
Avec Alexia et Anne-Marie, nous sommes invités dans la famille de Qamar et de Shelber. Qamar nous accompagne de son sourire et de son dynamisme depuis le premier camp. Son petit frère l'a rejoint depuis deux ans. Leur mère nous accueille avec un grand sourire et nous conduit sur la colline au pied du mémorial de Mahmud Derwish, dans une superbe maison dont l'entrée est couverte de vignes suspendues. A l'intérieur, nous faisons la connaissance de Choukri, le papa, et d'un autre sourire : celui d'Emilie la petite sœur.

Cette famille de confession grecque-orthodoxe est unie par de profonds liens de tendresse qui affleurent dans tous leurs gestes et leurs paroles les uns envers les autres. Le père et la mère se taquinent et les enfants rivalisent de sourires et de câlins pour leurs parents (et pour nous !). Très en verve, la maman nous parle de son attachement à Ramallah, de son amour pour ses enfants, des relations avec les musulmans … tout en nous resservant copieusement des mets qui s'accumulent sur la table. Choukri, le père, est plus discret. Sa famille vient de Lod. Plus tard, quand le calme est revenu à la fin du repas, il nous confie qu'il n'a pas l'autorisation de se rendre à Jérusalem et nous montre son derniers « permis de passage » remontant à l'année dernière. Depuis la naissance de Qamar, il est connu dans le quartier comme Abu Qamar (le père de Qamar). Sa nouvelle vie de père lui a apporté un nouveau nom. Dans la Bible, Dieu donne aussi un nom à celui qui commence une nouvelle vie (Abram qui devient Abraham, Simon qui devient Pierre …). Et à quelques kilomètres de là, en Israël, la mémoire et la transmission du nom (shem) est primordiale … Mais Abu Qamar ne peut pas aller en Israël. Il peut cependant nous emmener pour un dernier tour en voiture jusqu'au sommet de la colline d'Al Teereh. De là-haut la vue plonge sur la plaine d'Israël jusqu'à la mer. La nuit, on ne distingue pas le mur. (Nicolas)