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La voix de Shlomo

publié le 1 août 2013 à 11:30 par Réseau Barnabé
Shlomo (notre guide à Yad Vashem) est un humaniste parce qu’il est Juif, et héritier d’une histoire lourde de drames qui au XXe siècle a abouti à l’extermination systématique de son peuple, de sa famille. Shlomo est un humaniste parce qu’il voit l’œuvre et les choix de l’homme partout : du mal le plus profond commis par le bourreau, au choix du bien et de la vie posé par le Juste parmi les Nations, en passant par l’indifférence du passant. Shlomo est un humaniste parce qu’il a décidé d’être la voix de ceux qui ne pourront plus parler et dont les regards nous poursuivent à travers les clichés en noir et blanc. Et parce que cette voix, même après des années passées à décrire l’horreur, se brise encore parfois à l’évocation du mal commis ou, au contraire, d’une lumière allumée dans la nuit. Shlomo est un humaniste parce que, selon les mots d’Emmanuel Levinas, il « se voit dans le regard de l’autre ». L’histoire de son peuple est un avertissement permanent pour l’humanité entière et sa voix qui donne la parole aux disparus sait aussi être un appel à la vigilance. Pas seulement pour le peuple juif, mais pour toutes les négations de l’homme que continuent de commettre les hommes. Pas seulement pour faire mémoire, mais pour savoir choisir la vie face à la barbarie. Yad Vashem signifie en hébreu un « mémorial » (yad) et un « nom » (va shem). Le mémorial existe bien, mais il faut aussi des voix telles que celles de Shlomo pour que les noms de tombent pas dans l’oubli et pour nommer les choses, afin que l’indifférence et l’oubli ne l’emportent pas sur la vérité et la mémoire. A l’écoute de ces voix, c’est à nous de poser des choix… (Nicolas)

J’ai encore découvert Yad Vashem. Commencer la visite par le Jardin des Justes et les monuments extérieurs m’a préparé à revivre la Shoah avec le peuple Juif. J’étais encore émerveillée par le travail des personnes qui ont contribué à ce mémorial. Rassembler tous ces souvenirs, ces mauvais souvenirs dans un seul lieu demande beaucoup d’investissement. C’est ce qu’a fait Shlomo BALSAM. Il s’est investi énormément pour que chaque personne, chaque photo, chaque prénom ait sa place dans ce mémorial. Il est un réel « chasseur de mémoire ». Ce qui m’a marqué le plus durant la visite, c’était la dernière salle, la première fois je ne l’avais pas faite mais cette fois j’ai osé, et ça m’a bouleversé parce que l’histoire du peuple juif parle pour tous les peuples et à tous les peuples qui ont été blessés et meurtris dans l’histoire de l’humanité. Ce mémorial nous rappelle et nous rappellera à quel point l’homme peut être mauvais et cela doit nous servir de leçon pour être des artisans de paix et d’amour et non pas de guerre et de haine. (Dilany)
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