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Dimanche 15 juillet : Quel est le sens de notre présence ici ?

publié le 17 juil. 2012 à 07:44 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·3 août 2012 à 23:45 par JF CANTENEUR ]

Nous n'offrons qu'un temps limité. Nous apportons un service qui peut sembler bien dérisoire. Nous sommes accueillis au-delà de ce que nous pourrions imaginer. Nous faisons l'expérience d'une hospitalité que nous ne pourrons sans doute jamais rendre. Nous partageons le pain de la souffrance, mais aussi l'espérance de nos frères chrétiens. Nous sommes fêtés, nourris plus que nous ne pouvons absorber ! Nous recevons plus de présents que nous n'apportons de cadeaux. Nous écoutons en amis, en frères, des voix que l'on entend trop peu souvent. Nous entendons des souffrances que nous n'avons pas le pouvoir d’apaiser et des espoirs dont nous ne mesurons que trop bien la fragilité. Nous sommes là, simplement. Nous ne faisons que cela mais nous faisons tout cela. (Nicolas)

Je voudrais relater une rencontre très furtive mais qui m'a marqué, et même plus avec le recul de cette journée de dimanche passée dans les familles. Nous rentrions de notre excursion hier soir à Jérusalem. Dans la rue à Ramallah, un jeune palestinien nous interpelle Nil et moi. Et ce qui m'a surpris c'est que c'était en français. En me rapprochant la question m'échappe : « Vous parlez français ? Vous parlez français ! ». Il me répond : « Oui ! Je suis de Toulouse. Je suis vietnamien, palestinien et je suis avec mon cousin. On passe la soirée comme on peut... Et vous ? Qu'est-ce que vous faites ici ? ! ». Alors je lui explique notre camp. Je ne réalise qu'aujourd'hui combien sa réponse m'a marqué : « Franchement, je vous remercie pour ce que vous faites pour mon pays ! Merci ! ». Ce n'était qu'un tout petit échange, plein de simplicité, de beauté et de sincérité. C'est pour cela que je voulais en reparler ici. (Yannick, de Ramallah !)

Par ce beau dimanche ensoleillé, nous sommes allés déjeuner dans les familles palestiniennes qui nous ont invités. C'est un moment fort du séjour puisque nous entrons dans l'intimité de nos hôtes. Le nôtre tient à nous faire faire le tour de la ville... Malheureusement on ne s'éloignera pas très longtemps car les check-points ou les colonies un peu plus loin mettent fin à l'escapade. Jérusalem est à portée de vue (ou de roquette !) Je me demande toujours comment les habitants font pour vivre dans un espace en vase-clos avec la présence des colons en ligne de mire, sans énervement. Est-ce de la résignation, une passion contrôlée devant leurs invités ? Le père de famille nous dira qu'il est sorti en de très rares occasions de Ramallah et qu'il ne s'agit pas d'une priorité pour lui. Le plus important, c'est de créer un espace familial le plus confortable possible pour supporter un univers extérieur hostile. Il nous interroge beaucoup sur nos pays d'origine et sur la façon dont les choses s'y passent mais ce qui me marquera ce sont plutôt nos préoccupations communes. D'ailleurs, quelque chose nous rapprochera définitivement tous : l'album de mariage sorti par madame. Les traditions, les vêtements, les sourires sur les photos sont décidément les mêmes à Paris, à Czestochowa ou à Ramallah. Si ce n'est, tout de même, que cette union a eu lieu pendant l'intifada et sous couvre-feu... Finalement nous abordons les problèmes de la vie de couple, du célibat, comme on l'aurait fait dans notre douce France. Ce qui marquera c'est donc l'unité de nos vies plutôt que nos différences, ce sont les épreuves communes bien qu'il soit indéniable que nous en connaîtrons certaines qui seront complètement différentes. Je rentre donc en me disant que malgré les difficultés, la vie continue envers et contre tout... que le mal n'aura pas raison de la vie. (Stéphane)

Paradoxes, avis divergents, affirmations empreintes d’émotion, paroles criant l’injustice mais aussi mots porteurs d’espérance, clins d’œil sur la vie et les petites lumières du quotidien… Tous ces échanges, ces rencontres nous parlent de VIE, malgré toutes les incertitudes et les souffrances… Je fais mémoire de ces paroles, ces ressentis, ces rencontres, sans essayer de les juger à l’aune de mon vécu mais de les accueillir en vérité, avec tout ce qu’ils me disent de la vie de chaque personne croisée. Pour finir, une phrase de la mère de famille qui nous accueillait dimanche : « Je suis fière d’être chrétienne malgré tout ! ». (Anne-Marie)

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