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Dimanche 24 juillet, Yad Vashem : garder mémoire de ce qui est bon

publié le 25 juil. 2011 à 11:34 par Réseau Barnabé   [ mis à jour le·29 juil. 2011 à 01:33 par JF CANTENEUR ]
« Je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé » (Is 56,5)
 
En nous faisant visiter le musée historique du mémorial des victimes et des héros de la Shoah, Shlomo Balsam nous répète :
Que reste-t-il de l’homme quand on lui a tout pris ?
Quand 1,5 millions d’enfants ont vu leur vie et celle de leur descendance arrachées.
Quand le chant, la musique, les rires sont interdits.
Quand les numéros remplacent les noms jusque dans les expériences médicales les plus cruelles.
Quand les femmes se voient voler jusqu’à leur beauté et leur féminité.
Quand une mère en est réduite à se demander si elle doit mourir avec son bébé ou l’abandonner aux mains d’une autre.
Quand le silence du monde s’abat sur les victimes.
Que reste-t-il de l’homme ?
 
Hall des noms, Yad Vashem
Il reste les poèmes et les articles d’un rédacteur en chef de 15 ans dans son journal pour les enfants. Il reste les 5e et 9e symphonies de Beethoven qui, chantées par les enfants de Theresienstadt un soir d’avril 1943, ont ému même les bourreaux. Il reste l’acte apparemment sans lendemain du docteur Samuel qui faisait semblant de stériliser les femmes, dans l’espoir fou qu’elles enfantent tout de même un jour. Il reste cette femme qui, un jour de 1945, se jura d’être toujours la plus belle et de donner la vie à des enfants pour se venger de la mort.
 
Il reste cette mère juive qui aime tellement son bébé (Jakov, qui nous raconte aujourd’hui son histoire) qu’elle le confie à une catholique polonaise plutôt que de le voir mourir, sans espoir de le revoir un jour. Pendant plus de trente ans, la maman polonaise ne pourra pas dire la vérité à son fils qu’elle a élevé et aimé comme le sien, jusqu’au jour où ces mots jailliront : « Tu as eu des parents magnifiques, ils t’aimaient beaucoup ; ils étaient juifs. Je n’ai fait que te sauver de la mort ».

Que reste-t-il ? Une mémoire et un nom, « yad va shem », pour ceux qui n’auront pas de descendance.

Si le gouffre de la mort et l’abîme du mal commis par l’homme nous semblent parfois insondables, c’est toujours vers la vie et la recherche du bien que nous devons aller. Pour assurer la victoire de la vie sur la mort, il faut certes ne rien oublier, mais aussi transmettre et garder la mémoire du bien.
(Nicolas)
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